
La lenteur des nus est une cortège extrêmement lent, qui avance tout en tournant sur lui-même.
L'attention est à la fois collective (tentative d'unisson) et individuelle (faire émerger ses propres gestes). En contrepoint d’un contexte donné, la vie quotidienne qui suit son cours tout simplement, la forme découle de la polyphonie des vies de chacun. L'équilibre est fragile : un ensemble de précisions s'applique à des presques-riens puis s'agence et se trame, tel un équipage anarchique sur un bateau qui pourrait faire n’importe quoi pourvu que le bateau ne coule pas !
Déroulé :
Le cortège se déroule après la mise en place d’un atelier avec les participants inscrits, la veille et le matin-même du jour de la performance (transmission de la chorégraphie), ateliers et performance sur un week-end.
L’appel à participants concerne un large public, sans limite d’âge et sans aptitude physique requise: le cortège doit s’adapter à celles et ceux qui le modèle !
Le parcours est fixé in situ.
La durée est d’environ une heure.
Une musique peut être diffusée, en fonction du contexte : Breizhiselad, de Eric Cordier.
La chorégraphie et l'état des corps sont inspirés :
- d'un texte de Jean-Luc Guionnet
- et d'une musique électro-accoustique, Breizhiselad d'Éric Cordier, composée à partir d’un disque retrouvé de chants religieux bretons du début XXème siècle.

HISTORIQUE
Paris 2024, La lenteur des nues des Femmes solidaires
Salon Délivrées, en partenariat avec Les Rencontres chorégraphiques
Paris 2020
groupe parisien entrainé + groupe de l'IME La Gabrielle, Place des fêtes
Paris 2019 à 2020, Lenteur des nus non-annoncée
Gare du Nord, Gare de Lyon, Gare d’Austerlitz, Gare Saint Lazare, Gare Montparnasse, Terre-plein Boulevard de Belleville
Paris 2018
- Cortège de 13 participant·es, programmation Festival "Et 20 l’été" avec Le Regard du Cygne, Place Sully Lombard, Paris 20e
- Cortège de 13 participant·es, Le CNEAI, Pantin
- Cortège de 13 participant·es, performance non-annoncée sur la Place Sully Lombard, Paris 20e
- Cortège de 13 participant·es, performance non-annoncée, boîte de nuit Le Memphis
Clermont Ferrand 2015
en collaboration avec la cinéaste Clotilde Amprimoz
- Atelier de transmission du cortège avec un groupe de 10 participant·es, performance et tournage dans la gare et devant le musée d'art Roger-Quilliot de Montferrand, corps habillés (code couleur), lumière in situ
- Cortège de 2 participant·es, centre commercial
- Cortège de 10 participant·es, station service, nuit
Paris 2015
Cortège de 3 corps nus et tournage pendant l'installation d'un concert dans une cave, contrepoint prémédité, 35 min.
Anvers 2015
- Résidence au Théâtre Monty > voir la vidéo
- Cortège de 6 corps habillés et tournage sur une place publique, 1h
- Cortège de 6 corps habillés dans un parking, public assis autour, lumière in situ du parking, 30 min.
Paris, 2014
- Résidences à Micadanses, à la Parole Errante et Ackenbush sur les principes du cortège
- Cortège de 6 corps habillés tournage dans un parking, avec un contrepoint non-prémédité
- Cortège de 3 corps nus à Ackenbush, avec la musique de Eric Cordier, 2h
Conception, chorégraphie : Lotus Eddé Khouri
production : Chorda
Soutiens et diffusion : Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis et Femmes Solidaires, Paris Réseau Danse, Le Regard du Cygne, Boom'structur, Théâtre Monty
cortèges :
Des groupes constitués par un appel à participation (à l'initiative d'un théâtre) ont souhaité dansé plusieurs fois ce cortège, et en faire une pratique collective régulière.
LA LENTEUR DES NUES DES FEMMES SOLIDAIRES – 2024
Avec : les Femmes Solidaires — Soad Baba-Aïssa, Gina Cadare, Elodie Gautier, Sonya Haddouche, Ana Macedo, Muriel Nataf, Béatrice Propette-Marzi, Yasmina Sellou , Elisabeth Wichegrod
GROUPE PARISIEN RÉGULIER – 2018 à 2019
Jane Néaumet, Alain Faure, Louis Labadens, Yolande Lettiero, Dany Masternak, Pat Griffiths, Mercedes Palacios, Alexandre Choumara, Marco Quaresimin, Bertrand Petitbois, Lotus Eddé Khouri
GROUPE CLERMONT-FERRAND – 2015
Maud Anginieur, François Arbon, David Audinet, Raymond Audinet, Ludmilla Barthomeuf, Romeo Brondi,Marion-Charlotte Clavillier, Julie Coulon,Giorgia Ferrari, Léa Monteix, Elise Nagy, Safia Oudad, maria Peredeo Guzman, Carine PInot, Annabelle Regnault Milazzo, Léa Rienda, Vincent Valentin
2ÈME GROUPE PARIS ET ANVERS (rassemblé à mon initiative) – 2015
Léa Drouet, Jean-Luc Guionnet, Frédéric Bernier, Oliver Fischman, Tristan Senecal, Lotus Eddé Khouri
En contrepoint à notre cortège, la présence d’un homme répare sa voiture en plein milieu du parking. La situation est non-préméditée !
1ER GROUPE PARIS (rassemblé à mon initiative) – 2014
Claudio Ioanna, Blandine Laignel, Duraid Abbas, Bérangère Valour, Lotus Eddé Khouri
photo #1 : Maya Angelsen
thumbnail : Alexandre Choumara
Eric Cordier
Cette musique, par sa construction et les éléments qu’elle travaille minutieusement, est une plongée dans une matière complexe.
Au chœur de voix (transposé dans La Lenteur des nus par la formation d’un cortège) se greffent une série de sons concrets tel le vent, la voix et les pas du compositeur lors de ses prises de sons, le crissement d’un sable coquillier, une bestiole.
Le thème de la musique traditionnelle collective est pertubé par la présence physique du compositeur (à la fois témoin et auteur) et les problèmes techniques dûs à l'usure du disque vinyle comme support de mémoire. Un nuage de craquements s’accumulent lors de la composition.
La danse a repris ces éléments de composition à son compte.
Jean-Luc Guionnet, 1993
1. Ce qu'il dirait s'il disait.
2. Des deux plantes de pieds d'un corps debout et nu, mâché par les heures, pétri par le temps qui passe, germent des gestes, des sons, mais pas de mot.
3. Rien, hors de ces deux plantes, ne se pose, ni même ne se regarde ou se met en regard.
4. Du noir noie les yeux.
5. En tête se propage le froid perçu par le reste.
6. Les pieds passent l'un devant l'autre et le corps marche.
7. La langue se retourne sur la dent précise.
8. Dans leur grésillement le noir des yeux deviennent rouge.
9. L'air s'enfonce par les sourires.
10. Les pieds avancent et le corps suit.
11. Les pieds sont les seules touches du corps debout.
12. L'air s'infiltre parce que le corps tourne et ne se regarde pas.
13. Chaque poil tremble dans le froid de l'air.
14. En tournant, le corps obtient des réponses de l'air.
15. Chaque poil prend sur lui d'avoir froid pour la peau et de transmettre.
16. Les mains sont les plus vaines.
17. Les instabilités de l'air sont sont de grands événements pour la peau.
18. Les aspérités de l'air sont des vents que les mains aiment.
19. Le vent rend les mains moins vaines.
20. Au bout des bras, les mains comme chaque poil un à un, sont sensibles aux courants d'air.
21. Le sexe, que le froid replie, finit par se sentir lui-même.
22. Quand un peu d'air passe sous la paupière alors, de noir, puis rouge, l'œil passe à bleu.
23. Les changements de couleur engendrent de grandes vagues sous la peau.
24. Les courants d'air gobent le sourire.
25. Le corps se tient de bout en soufflant.
26. Quand le sourire s'ouvre à l'air alors sortent des sons.
27. Le son cache l'air et le froid à l'air de la bouche.
28. Des orteils vers la tête, des lignes se plient dans la bouche.
29. Les yeux pâlissent aux sons de la bouche.
30. Les yeux sont sourds.
31. C'est par les poils que le vent vient au corps.
32. Les pieds passent l'un devant l'autre et le corps marche.
33. C'est par eux qu'il trace des lignes dans l'épaisseur des muscles, viscères et dans la transparence de la tête.
34. Le son de la bouche revient sur la peau.
35. Le corps s'enveloppe de ses sons.
36. Le son est un souffle qui tombe en pluie.
37. Le son est une goutte qui mouille.
38. Le son réchauffe.
39. Seules deux choses du corps touchent du dur.
40. Les mains sont au lointain ce que les poils sont au vent.
41. Le froid des poils se range en rame au dedans.
42. Chaque poil est le bout d'un ordre du dedans.
43. Jamais les épaules n'ont été aussi basse ni les mains si loin.
44. Les mains sont loins.
45. La peau sent les mains loin.
46. Les mains sont aussi dans la tête en s'enfonçant dans du vent.
47. Tout est de part et d'autre.
48. Du vague relie les mains aux épaules.
49. Les pieds sont des touches.
50. La peau parcours.
51. La peau est parcourue.
52. La peau se parcours.
53. La peau est au milieu.
54. La peau se regroupe sous le corps.
55. Pas toujours, les mains s'enroulent sur du vague.
56. Le souffle est un son quand il part de la touche des pieds.
57. Le vent, par grains, passe entre le dur et les pieds.
58. Si le souffle vient de passer alors le son a pu sortir.
59. La peau touche les os quand le souffle vient de passer.
60. Quand le souffle vient de passer la peau est un pied.
61. Le corps est un pied quand le souffle vient de passer.
62. Quand le corps est un pied, il s'aiguise.
63. Le passage du souffle fait que le corps tout entier repose dressé.
64. Le passage du souffle fait que le corps se consent à la grande touche qui fait son debout.
65. Le vent se mange.
66. La bouche est un noeud de mains.
67. Avec le sexe et les cuisses, les mains sont pliées à l'entour du souffle.
68. Dans la peau sont des troupes qui la contienne.
69. Parmi les poils un flux de peur vague se propage.
70. Les plantes sont souvent les deux touches.
71. Quand le corps s'entoure de sons, des pieds à la bouche un dur est tendu.
72. En sortant, le son dresse le dedans.
73. Par le chaud du son, le corps se nourri de lui même.
74. Le corps ne revient pas de son alliance au son qu'il s'envoie.
75. Quand la tête se renverse le son râcle sa source.
76. Quand la tête se renverse alors le souffle est toujours un son.
77. Quand le son râcle sa source il se propage bien mieux dedans.
78. De petits branlements en branlements le son se propage dans le dedans du corps.
79. Le son du souffle remue le noir des yeux.
80. Certaines aspérités du vent sont pour le sexe.
81. Jamais la peau ne touche la peau.
82. Le son est le seul regard passant par dehors du corps sur lui-même.
83. Quand le corps ne se regarde pas par dehors, progressivement il devient son endroit et son lieu.
84. Quand le corps ne se regarde pas par dehors, il devient immense.
85. Quand le corps ne se regarde par dehors que par ses sons, il s'envoie progressivement dehors.
86. Quand le corps ne se regarde par dehors que par ses sons, il retourne son endroit pour qu'il reste son lieu.
87. Le corps n'en finit pas de s'entendre.
88. Le sexe la bouche et les mains ont des regards internes.
89. Parfois la main fait qu'elle se frôle.
90. Le sexe progressivement finit son froid.
91. Le sexe se déploie progressivement pour finir de se sentir.
92. Quand le corps ne se regarde pas par dehors, il se réduit en un point.
93. Quand la peau ne touche plus de peau alors elle devient le bord lisse et sans pôle du lieu pour le corps.
94. Les mains grésillent à force d'entourage.
95. Quand la peau ne touche plus de peau alors la taille est vague, et le vague entre les mains et les épaules se propage et gagne la surface de la peau; et dans la tête très progressivement s'efface le corps que le corps se renvoie.
96. Sans le renvoi du corps au corps se dégagent les courbes et les épi-courbes.
97. Par la peau le vent arrive à tourner dans la tête sans image.
98. C'est la peau qui tue sèchement les images de la tête quand la force sous la peau ne fait que les combattre à perpétuité.
99. La paume et la plante forment le bord du dos.
100. Le dos est l'endroit du sans taille.
101. Face à lui-même, le corps se gagne très lentement.
102. Sous les paupières le corps d'abord se regroupe.
Issue du livre Danses d'intérieur, la performance imbrique verbe et chorégraphie, en collaboration avec la comédienne Sonia Fleurance, et réactive par réminiscences, fragments et montage les danses vécues.
35 min.
danse : Lotus Eddé Khouri
lecture : Sonia Fleurance
son : Jean-Luc Guionnet
production : Chorda
coproduction : Les Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis
Merci à Caroline Gimenez (montage textes) et à Alexandre Balcaen
Cette performance a été conçue pour le vernissage de l'expostion Danse d'intérieur à la médiathèque de Bagnolet, en mai 2023.
diffusion : Les Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis (2023), Librairie La Pluie d'été Pont-Croix(2023), Chorège/CDCN (2024), Festival Lorient (2024)


Récits, témoignages, schémas et dessins se disposent à différentes échelles pour se mêler aux usages quotidiens de la bibliothèque.
Tous les documents sont imprimés sur papier calque et accrochés en relation avec la composition de l’espace de la bibliothèque, les aires différentes (salle de travail, salle de lecture, adultes, enfants), les thèmes (rayonnages) ou la transparence avec l’extérieur (visible en partie depuis la rue).

conception, installation – Lotus Eddé Khouri
graphisme – Patrick Coeuru
production – Chorda
avec le soutien de Paris Réseau Danse
activation : vernissage, performance "ce qui dure dans ce qui dure", projection du film Danse d'intérieur, ateliers scolaires sur la relation entre le mot et le geste
Médiathèque de Bagnolet - 2023
conception, écriture, dessin, chorégraphie – Lotus Eddé Khouri
graphisme du mur d'entrée – Loren Capelli
photo du mur d'entrée – Caroline Gimenez
graphisme de l'exposition – Patrick Coeuru
production Chorda
exposition réalisée en partenariat avec Les Rencontres chorégraphiques de Seine Saint-Denis et la médiathèque de Bagnolet (Est Ensemble, Grand Paris), avec le soutien de la Fondation de France
Activation : vernissage, performance Danse d'intérieur (première) et sortie du livre Danses d'intérieur, rencontres.









Médiathèque de Bagnolet, 2023
Médiathèque Assia Djebar, Paris 12e, 2021
Médiathèque de Bagnolet, 2023
Médiathèque de Bagnolet, 2023
Médiathèque Assia Djebar, Paris 12e, 2021
Médiathèque Assia Djebar, Paris 12e, 2021
Médiathèque Assia Djebar, Paris 12e, 2021
Médiathèque de Bagnolet, 2023
Médiathèque de Bagnolet, 2023
“ une danse, non,
pas que pour moi. ”
Madame A., 85 ans
“ Je vous laisserai
les clés quelque part,
chez une voisine,
repassez quand
vous voulez,
c’est important
de revenir ici,
c’est important de
repartir du début. ”
Mme S., 84 ans
“ je vous regardais
par le trou
de la serrure. ”
Nina, 7 ans
“ En fait,
je ne pensais pas,
mais ça marche,
une danse
en silence :
on la voit mieux. ”
Carole., 55 ans.
“ c’est bien
mais c’est
pas bien clair. ”
Monsieur N., 80 ans
“ Et puis la lenteur,
votre lenteur, ça
m’enlève de la tête
ce que je rumine,
je ne pense plus
à rien. ”
Tata, 90 ans